Ouvert · 11h - 23h·514 272 2929·929 St-Zotique Est, MTL·4 places au comptoirFR · EN

Chef Yamamoto : trente ans de cuisine, un comptoir

Chef Yamamoto a passé trente ans en cuisine japonaise au Québec : le teppanyaki au Steak House Shogun, le sushi au comptoir d'Aiko sur le Plateau, l'aventure Poké Star, et enfin son propre comptoir edomae chez Aji.

Chef Yamamoto : trente ans de cuisine, un comptoir

On me demande parfois comment on arrive à Montréal, au 929 Saint-Zotique Est, avec un comptoir et une obsession pour le riz vinaigré. La réponse est longue. Elle commence il y a trente ans, devant une plaque brûlante, dans un registre qui n'avait rien à voir avec le sushi.

Les débuts : le teppanyaki au Shogun

Tout a commencé au Steak House Shogun, à Brossard, derrière la plaque de teppanyaki. Les flammes, les couteaux qui virevoltent, les rires des clients. Pour moi, cuisiner n'a jamais été un simple métier : c'est un spectacle, une rencontre. Le teppanyaki m'a appris ça avant tout le reste.

Ce registre m'a donné des choses essentielles : la dextérité, la gestion du temps, la conscience que le geste visible fait partie du repas. Dans le teppanyaki, on n'a pas le droit d'hésiter. Si vous hésitez, le client le voit, la viande surchauffe, et le moment est perdu. J'y suis resté vingt-trois ans. Une leçon de précision qui ne s'efface pas.

Le passage au sushi : Aiko

Le tournant vers le sushi est venu sur le Plateau Mont-Royal. J'y ai cofondé Aiko Sushi et accueilli, pendant sept ans, une clientèle fidèle et curieuse. Sous notre impulsion, Aiko est devenu une référence, et mon nom, quelque chose qu'on se passait entre amis.

C'est là, derrière le comptoir, que je suis tombé pour de bon dans l'edomae : cette tradition du sushi née à Edo, l'ancien Tokyo, au 19e siècle. Pas de sauce élaborée pour cacher le produit. Pas de garniture inutile. Le poisson, parfois légèrement maturé ou traité au vinaigre, posé sur un riz parfaitement assaisonné. La technique au service de la transparence. Je l'ai approfondie année après année, à force de répéter le geste et d'écouter le produit.

Avec le temps, j'ai aussi appris ce que je ne voulais pas. Les cartes interminables où tout est disponible en tout temps sans égard pour la saison. Le spectacle au détriment du produit. Ces constats ont affiné mon idée de ce que je ferais, un jour, si j'ouvrais quelque chose à moi.

L'esprit d'innovation : Poké Star

L'envie d'innover m'a ensuite conduit derrière le Centre Eaton, au centre-ville, avec Poké Star. À l'époque, on comptait à peine cinq adresses de pokés à Montréal. J'étais parmi les premiers à y croire.

Le poké n'est pas l'edomae, mais l'exercice m'a appris autre chose : rendre la cuisine japonaise accessible, rapide, joyeuse, sans rien sacrifier sur la fraîcheur. La pandémie a écrit la fin de ce chapitre. Mais l'idée d'une cuisine japonaise de qualité, sans cérémonie ni addition décourageante, m'est restée.

L'histoire d'Aji Bar Sushi & Izakaya MTL : un comptoir né d'une convictionPourquoi un comptoir, pourquoi Rosemont, pourquoi l'edomae. L'histoire d'Aji.

Aji : enfin son comptoir

Aji, c'est mon petit bijou, mûri pendant toutes ces années. Un comptoir sushi & izakaya, c'est-à-dire les sushi pressés à la minute et les petits plats japonais à partager, avec l'omakase en option, au comptoir ou à table, sur réservation. Le comptoir face au poste de travail ne compte que quatre places : c'est intime, et c'est voulu. Je voulais rester devant, près des gens, à préparer chaque pièce à la vue de ceux qui la mangeront.

Et surtout, une adresse qui reste accessible à tous. Montréal est une ville BYOB, sa clientèle est curieuse et voyage : tout ce qu'il faut pour qu'un comptoir vive sans se prendre au sérieux. La belle cuisine japonaise devrait être un plaisir qu'on s'offre souvent, pas une fois par année.

Quiz éclair

Quelle tradition de sushi le Chef Yamamoto pratique-t-il chez Aji ?

Ce qui reste après trente ans

Trente ans de cuisine, c'est beaucoup de poisson manié, de riz cuisiné, de nuits debout, de conversations avec des fournisseurs. Ce qui reste, au fond, c'est simple : le respect du produit n'est pas une valeur abstraite. C'est une discipline quotidienne.

Le poisson qui arrive le matin mérite qu'on lui consacre du temps : qu'on le regarde, qu'on le touche, qu'on décide comment il sera mieux servi ce soir. Parfois c'est frais, parfois c'est après deux jours de maturation. Ce n'est jamais la même réponse. C'est pour ça que je ne peux pas faire un menu fixe qui ne change pas.

Chaque soir au comptoir, je recommence à zéro dans un sens. Les ingrédients sont différents, les convives sont différents, et la séquence que je construis est différente. C'est ce qui rend le format vivant après toutes ces années.

La philosophie de la cuisine japonaise selon AjiMa (間), shun (旬), shokunin (職人) : les principes qui guident la cuisine d'Aji.Les coulisses du comptoir : une journée chez AjiUne journée au comptoir d'Aji commence des heures avant l'ouverture. La cuisson du riz, le travail du couteau, la mise en place : l'essentie
À retenir
  • 1Le Chef Yamamoto a débuté par vingt-trois ans de teppanyaki au Steak House Shogun de Brossard.
  • 2Le passage au sushi s'est fait au comptoir d'Aiko, sur le Plateau, où il a approfondi l'edomae.
  • 3Poké Star, au centre-ville, lui a appris à rendre la cuisine japonaise accessible.
  • 4Aji est son propre comptoir : sushi & izakaya, omakase en option sur réservation, et surtout accessible.
  • 5Trente ans de cuisine japonaise, entièrement bâtis ici, au Québec.

Venez rencontrer le Chef Yamamoto au comptoir d'Aji, 929 St-Zotique Est, Montréal.

Réserver une table

Questions fréquentes

Quel est le parcours du Chef Yamamoto ?

Le Chef Yamamoto a débuté derrière la plaque de teppanyaki au Steak House Shogun, à Brossard. Il est ensuite passé au sushi en cofondant Aiko Sushi sur le Plateau Mont-Royal, puis a lancé Poké Star au centre-ville, avant d'ouvrir son propre comptoir, Aji Bar Sushi & Izakaya MTL. Plus de trente ans de cuisine japonaise.

Le Chef Yamamoto a-t-il été formé à Tokyo ?

Non. Le Chef Yamamoto a bâti son métier au Québec, sur plus de trente ans : du teppanyaki au sushi de comptoir. La tradition edomae qu'il pratique chez Aji, il l'a approfondie par des décennies de travail et d'obsession du produit, pas par un apprentissage à Tokyo.

Combien d'années d'expérience le Chef Yamamoto a-t-il ?

Plus de trente ans : vingt-trois ans au teppanyaki du Steak House Shogun, sept ans au comptoir d'Aiko Sushi, l'aventure Poké Star, et aujourd'hui Aji. Cette profondeur se reflète dans la précision et la sérénité de son service au comptoir.

Qu'est-ce qui distingue l'approche du Chef Yamamoto ?

Le Chef Yamamoto privilégie la simplicité précise : peu d'ingrédients, chaque élément à sa juste place, aucun artifice pour masquer la qualité du produit. Sa philosophie est fondée sur la saisonnalité et le respect du poisson.

Le Chef Yamamoto parle-t-il aux clients pendant le service ?

Oui. Le dialogue fait partie du format du comptoir. Le chef nomme les poissons, explique les techniques, répond aux questions avec plaisir. C'est une dimension essentielle de l'expérience chez Aji.

Chef Yamamoto
Chef-propriétaire

Trente ans de cuisine japonaise, du teppanyaki au comptoir omakase. Le chef Yamamoto raconte son métier, sa méthode et sa passion.

À lire ensuite

23 mai 2026 · 6 min

La philosophie de la cuisine japonaise selon Aji

La cuisine japonaise repose sur quatre principes : ma (espace et retenue), shun (saisonnalité), shokunin (l'artisan et son exigence), et omotenashi (l'hospitalité totale). Chez Aji, ces principes guident chaque décision, du poisson choisi au silence entre deux pièces.

AppelerLivraisonVenir chercher