La carte d'un comptoir japonais regorge de termes qui se ressemblent mais désignent des réalités très différentes. Avant de commander, il vaut la peine de comprendre ce que chaque format implique : la quantité de riz, la façon de le manger, et ce qu'il révèle du produit. Voici le guide que l'équipe d'Aji donne aux clients qui posent la question pour la première fois.
Le nigiri : riz pressé, poisson posé
Le nigiri, de l'expression japonaise « nigiri-zushi », signifie littéralement « sushi pressé à la main ». Le chef prend une poignée de riz vinaigré, le presse en une petite forme ovale, glisse une pointe de wasabi sur le dessus, puis y dépose une tranche de poisson ou de fruits de mer.
C'est le format le plus pur de la tradition edomae. Tout est dans l'équilibre : la quantité de riz, la température du shari, l'épaisseur de la tranche, la pression du pouce. Au comptoir, on mange le nigiri en une seule bouchée, avec les doigts ou aux baguettes, sans attendre.
Les garnitures les plus courantes en nigiri sont : le thon (maguro), le saumon (sake), la daurade (tai), la sériole (hamachi), la crevette (ebi), l'anguille grillée (unagi) et les oeufs de poisson (ikura). À Aji, la sélection suit la saison et les arrivages.
Le sashimi : le poisson à nu
Le sashimi n'est pas un sushi. Techniquement, le mot « sushi » désigne le riz vinaigré. Sans riz, on parle de sashimi : des tranches de poisson ou de fruits de mer, servies seules, accompagnées de sauce soya, de wasabi et parfois de daikon râpé ou de feuilles de shiso.
C'est le format qui expose le plus directement la qualité du produit. La coupe, la fraîcheur, la maturation : rien ne se cache. Un sashimi de thon rouge de qualité inférieure sera immédiatement perceptible. C'est pourquoi les chefs sérieux réservent leur meilleur poisson au sashimi et au nigiri.
On mange le sashimi aux baguettes. On trempe légèrement chaque tranche dans la sauce soya, sans noyer le poisson. Le daikon râpé, s'il est présent, s'associe à la soya pour adoucir la richesse du poisson gras.
Comment manger les sushis correctementLe guide complet : doigts, baguettes, soya, gari, wasabi.Le maki et ses variantes
Le maki est un rouleau. Le chef étend du riz sur une feuille de nori, ajoute des garnitures au centre, roule le tout à l'aide d'une natte de bambou (makisu), puis tranche le cylindre en six ou huit rondelles. Dans le maki classique, le nori est à l'extérieur.
L'uramaki est la version inversée : le riz se retrouve à l'extérieur et le nori à l'intérieur. C'est le format du California roll et de ses dérivés. L'uramaki permet de garnir l'extérieur du rouleau de tobiko (oeufs de poisson volant), de sésame ou d'avocat.
Le hosomaki est un maki fin, à une seule garniture, souvent du thon, du saumon ou du concombre. Le futomaki est, à l'inverse, un gros rouleau avec plusieurs garnitures simultanées.
Gunkan et temaki : les formats spéciaux
Le gunkan, qui signifie « cuirassé », ressemble à une petite barque. Le chef presse une bouchée de riz, l'enserre d'une bande de nori formant un rebord, puis garnit le dessus d'ingrédients qui ne tiendraient pas sur un nigiri ordinaire : oursin (uni), oeufs de saumon (ikura), oeufs de caille, tobiko ou chair de crabe.
Le temaki est un cornet de nori enroulé à la main, fourré de riz, de poisson et de garnitures. On le mange avec les mains, en deux ou trois bouchées, sans attendre. Le nori devient mou après quelques minutes : dans un bon comptoir, le temaki est préparé à la demande et dégusté immédiatement.
Lequel de ces formats ne contient pas de riz ?
Comment choisir au comptoir
Pour une première fois, le nigiri est le meilleur point d'entrée : la relation entre le riz et le poisson est immédiate, le format est accessible, et chaque pièce est une expérience complète en une bouchée. Commencez par des poissons que vous connaissez, puis laissez-vous guider vers des choses moins familières.
Si vous voulez juger la qualité du poisson brut, commandez du sashimi. Si vous préférez quelque chose de plus festif ou à partager, les maki et les temaki s'y prêtent bien. Le gunkan, lui, s'impose pour l'oursin et l'ikura : il n'y a pas de meilleure façon de les apprécier.
Au comptoir, rien n'oblige à choisir un seul format. Un repas réussi mêle souvent plusieurs pièces de nigiri, quelques sashimi et peut-être un gunkan en fin de séquence. L'équipe d'Aji se fait un plaisir de guider les nouveaux clients dans cet apprentissage.
L'Étiquette des Baguettes au ComptoirLes baguettes s'utilisent avec légèreté : on ne les plante jamais dans le riz, on ne passe pas la nourriture de baguette à baguette, et on l- 1Le nigiri : riz pressé + poisson posé dessus. Format edomae par excellence.
- 2Le sashimi : poisson seul, sans riz. Le test ultime de la qualité du produit.
- 3Le maki : rouleau de nori tranché en rondelles. Nori à l'extérieur (maki) ou à l'intérieur (uramaki).
- 4Le gunkan : bouchée de riz cerclée de nori pour les garnitures liquides (uni, ikura).
- 5Le temaki : cornet de nori à manger à la main, tout de suite après préparation.
Comprendre ces formats, c'est déjà commander avec confiance. Le reste vient avec les visites.
Venez découvrir chaque format au comptoir d'Aji, au 929 St-Zotique Est.
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